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Mercredi 4 novembre 2009
Par Aelghir - Publié dans : Tableaux - Communauté : Peintres et photographes
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Jeudi 22 octobre 2009
PAYSAGE  AVEC BRUME

en cours








finalisé




Dans la série "bulles et gouttes"

COSMOS
(sur un mur orange)



Par Aelghir - Publié dans : Tableaux - Communauté : Peintres et photographes
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Dimanche 11 octobre 2009

 

 

      Le chat sauta lestement sur mes genoux, carda langoureusement mes cuisses heureusement protégées par des braies de laine épaisse, tourna quatre ou cinq fois en rond avant de trouver sa place, ouvrit sa petite gueule rose et alors que je croyais qu’il allait se mettre à bâiller, me dit soudain :

 

  — Il était à l’abri

Dans sa cage doré

L’oiseau de paradis.

Mais il s’est échappé,

Ce pauvre volatile !

Alors je l’ai mangé.

Cet oiseau si fragile

S’était donc envolé,

Voilà pourquoi, humain,

Pourquoi je l’ai mangé.

J’ai mangé ce fretin

Parce qu’il s’est envolé !

A bon oiseau bon chat !

Son lot est de voler

Le mien... ha... ha... ha... tchaa !

Etait de le croquer.

 

  Le félin ôta d’une griffe délicate la plume chatoyante qui, posée au coin de son nez charbonneux, venait de le faire éternuer. Je décidai de faire comme si j’avais pour coutume de discuter avec un chat ou avec l’un quelconque des animaux peuplant mon domaine.

 

— Fils de la Nuit, mon chat,

Tu as croqué l’oiseau

Qu’avant-hier le Pacha

M’a donné en cadeau ?

La cage était fort close

Et l’oiseau bien nourri !

— La vie est peu de chose,

 Demande à ces souris

Dont tu étais fort aise

Que je te débarrasse !

 

  Me rétorqua le matois matou en fermant à demi ses yeux d’or liquide. Je grinçai des dents à cause de l’argument spécieux et ripostai :

 

  —  Donc sur cette thèse,

Il faut te faire grâce 

Que d’un oiseau vivant

Tu fis un oiseau mort ?

  — Démontre-moi comment

Je pourrais avoir tort

Quand d’un piaf succulent,

Je fis un bon repas ?

Il était indolent

Et ne me craignait pas.

La porte était ouverte,

Il fut très imprudent.

Ce n’est pas grande perte,

Il était trop pédant

Car présent d’un Pacha,

Il ne voulait jamais

Donner sa langue au chat !

L’orgueilleux se croyait                                 

Le parangon des cieux,

Plus haut qu’une volaille,

Le seul chantre des dieux...

Excuse-moi, je bâille,

Le repas fut fameux

Mais assez peu digeste.

Ce chapon, ce fumeux,

Était une vraie peste !

J’appelle un chat un chat.

Ne me dis pas, mon maître,

Que toi, tu t’attachas

À ce passereau traître !

Te voici délivré

Du souci inutile

D’avoir à t’occuper

D’un odieux volatile.

Tu sauras qu’il ne faut

Acheter chat en poche.

Car un trop beau cadeau

C’est anguille sous roche.

 

  Il s’étira languissamment, lustra à petits coups de langue sa ténébreuse pelisse puis bâilla derechef, découvrant les crocs pointus qui avaient déchiré la chair délectable de l’oiseau. Je me sentis soudain très fatigué et surtout circonspect quant à mon état mental. Etais-je réellement en train de converser avec un chat et sans m’en étonner plus que ça ? Bah ! Il y a assurément des choses plus étranges sous le soleil. Je lui demandai sèchement, le mettant face à ses responsabilités :

 

  — Que dire à mon ami

Lorsqu’il me viendra voir ?

Que l’oiseau qu’il m’offrit

Est dedans le chat noir ?

 

L’insolent minet, sautant de mes genoux, s’assit sur le tapis pour se lécher la queue. Puis levant sur moi son regard malicieux, il répliqua :

 

  — Je te sais fort malin,

Tu sauras l’abuser.

Adieu, car j’ai, humain,

D’autres chats à fouetter !

 

 

 

 

Par Aelghir - Publié dans : Théâtre - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Dimanche 11 octobre 2009













Par Aelghir - Publié dans : Tableaux - Communauté : Peintres et photographes
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Mercredi 19 août 2009

                                       LACHE

 

 

 

Le passé me détruit, l’avenir m'épouvante.
Ardentes sont mes plaies, nul lendemain ne chante.
A force d’avanies, je n'ai plus d'espérance.
Le fol hasard déploie ses dés sur la balance.



Mon esprit las faiblit, je rejette le monde.
L'envol des oraisons évitera ma tombe.
Et l’aile du vautour tissera l’or et l'ombre
Avec l'abaissement du néant où je sombre.



J'ai renié mes amis, proféré le blasphème,
Je vais maigre et blanc faucher ce que je sème
L'endurance est sans but, à quoi bon tant de peine ?
Je ne veux persister à vivre à perdre haleine



Je cède sans soupir, je refuse la grâce,
J'effacerai mon nom, c'est là ma seule audace.
L'absence de remord pour cet ultime effort
Fera qu'enfin la mort sera mon réconfort.



                                                        ****************************


                            FAUX DIEUX

 

 

 

Regarde, me disait le dieu d'Ishak, regarde :
L'aigle vole, il fut jadis sur la tour de garde.
Vois-tu ? La faux de son bec dégoutte de sang. 



Regarde, me disait le dieu d'Allion, regarde :
Guette, de peur que l'armée en marche ne tarde !
Vois les filles, les fils. Ce sont tous tes enfants ! 



Regarde, me disait le dieu dément, regarde :
Dans le vallon profond, ce flamboiement qui arde
Quels yeux supporteraient ce soleil éclatant ? 



Regarde, disait le dieu exsangue, regarde :
Cela ne vient-il pas du meilleur chant d'un barde ?
Et serais-tu jaloux qu'un autre ait ce talent ? 



Regarde, disait le dieu écorché, regarde :
Plus en avant, perçois-tu ces faces hagardes
Qui essayent en vain de fuir leurs poursuivants ? 



Regarde, me disait le dieu moqueur, regarde :
Cette laine argentée que tes enragés cardent
La pourpre qui la teint n’est autre que ton sang.



Regarde, disait le dieu inconnu, regarde :

Entends les cris blessants sous les lames blafardes
Et les clameurs des tués hanteront le vent. 



Regarde, me disait le dieu pervers, regarde :
Es-tu si hautain que le plan de la camarde
Te donne de régner sur quelques survivants ? 



Silence, dieux vains ! Car si vous ne prenez garde,
Vos soieries et vos ors bientôt seront des hardes.
J'ôterai à jamais les fumées de l'encens !



                        ********************************



                                             LE MOURANT


Il courbe son grand front aux vents froids de l'hiver
Qui poudrent à frimas son âge encore vert.
Sa chair sera bientôt un festin pour les vers.
Voici son testament tenant en quelques vers. 



J'écris sous sa dictée quels sont ses derniers dons.
A son pire ennemi, il offre son pardon,
Oubliant tous les torts et les sanglants affronts.
Qu'il écoute la voix de parfaite raison ! 



A ses bons compagnons, il cède tous ses livres,
Les tonneaux de sa cave et son envie de vivre.
Qu'ils lisent, boivent tout jusqu'à en être ivres
De vin et d'amitié, car tôt viendra le givre ! 



A ses très chers enfants, il alloue un coeur pur,
La justice, la foi, le chemin le plus sûr
Où marcher dans la paix malgré les temps si durs.
Qu'ils entendent l'appel d'un lumineux futur ! 



Pour sa tendre épousée est son dernier soupir.
Elle eut sur son grand coeur le plus doux des empires.
Entre ses bras dolents, à mourir il aspire,
Son souffle parfumé pour ultime respir. 



A moi, son dévoué, il dit : « Prends mes paroles.
Un fleuve débuta en infime rigole
Qui reçut des cours d'eau une précieuse obole.
Parfaire mon discours, voilà quel est ton rôle. »



                                 *********************************



                                        SERMON

 

 

« Pense à nos grands aïeux tout au long du chemin.
De leurs bras disparus, ils soutiendront ta main !
Leur belle intégrité tracera le modèle
Qui devra te guider pour que tu sois fidèle. 



Tu liras les récits des gestes de courage
De nos fiers précurseurs : un précieux héritage !
Ils seront le pivot de toutes les victoires
Qui graveront ton nom au fronton de l'Histoire. 



Evoque Yahizel qui vainquit le dragon,
Yakoush qui abattit le dieu maudit Dagon,
Kroz, devant qui les rois inclinèrent la tête ! 



— Désolé, ton discours ne me dit rien qui vaille.
Le passé est trop lourd, je ne suis pas de taille.
Sur ce, papa, bonsoir, je vais faire la fête ! »

 

Par Aelghir - Publié dans : Poèmes - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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